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Au temps de la marine à voile, les gabiers étaient des matelots agiles, habitué à grimper dans la mâture, à voltiger le long des vergues, à y manoeuvrer la voilure par tous les temps. Ils étaient réputés pour leur adresse et leur courage.
"Attrapez-le, ou vous n'aurez pas à dîner !" Le comte de la Flotte, commandant de La Lutine, vient de lâcher un ÉCUREUIL qui se réfugie dans le GRÉEMENT. C'est le moyen qu'a trouvé cet officier, en cette fin du XVIIIe siècle, pour éduquer les jeunes marins qui lui sont confiés, et en faire de parfaits gabiers. Les matelots se précipitent, gravissent les enfléchures, se répartissent la tâche : qui sur le grand mât, qui sur la misaine ou l'artimon. Mais l'écureuil leur échappe toujours, saute d'une DRISSE à l'autre, voltige en tous sens, grimpe par un étai, s'échappe par les vergues... A courir ainsi à la poursuite de l'écureuil et de leur dîner, les matelots deviennent de si parfaits gabiers qu'en fin de campagne, ils suspendent leurs hamacs sous les vergues et se plaisent à vivre dans la mâture où ils se sentent "comme chez eux". |